Devenir travailleur indépendant : quelles sont les alternatives ?

La rédaction du Parisien n’a pas participé à la réalisation de cet article.

Le travailleur indépendant est un professionnel qui exerce son métier sans être salarié d’une entreprise. Autonome et responsable, il ne relève d’aucun lien de subordination et assume toutes les tâches relatives à son activité professionnelle : administratif, comptabilité, facturation, commercial.

La création d’une entreprise naît d’idées et de la volonté d’être indépendant. De plus en plus d’actifs se lancent dans l’aventure. L’INSEE constate en effet qu’après une période de stabilisation, les créations d’entreprise ont augmenté de 6 % en 2024. Quels sont les choix de statuts envisageables pour se mettre à son compte ?

Plusieurs statuts permettent de se lancer dans l’entrepreneuriat, leur intérêt découle avant tout du profil du professionnel porteur de projet. Découvrez tous les choix possibles pour se mettre à son compte.

La création d’entreprise en nom propre

Si vous souhaitez travailler seul, l’entreprise en nom propre permet d’exercer votre activité professionnelle de manière indépendante sans avoir à créer de société. Selon votre activité et le niveau de votre chiffre d’affaires attendu, vous avez le choix entre deux statuts.

Le statut de la micro-entreprise

Le régime de la micro-entreprise, anciennement auto-entreprise, s’adresse aux freelances débutants ayant des activités de prestation de services avec peu de charges et nécessitant peu d’investissements.

Les formalités d’inscription simples et gratuites séduisent de nombreux professionnels en freelance. La micro-entreprise est cependant soumise à une limite de chiffre d’affaires :

  • 77 700 € pour une activité de service ;
  • 188 700 € pour une activité commerciale.

Ce statut juridique bénéficie du régime micro-social. Les cotisations sociales du micro-entrepreneur correspondent à un pourcentage de son chiffre d’affaires, il s’en acquitte mensuellement en même temps qu’il effectue sa déclaration de CA. Si son CA est nul, il ne paie aucune cotisation.

Les formalités comptables du micro-entrepreneur sont réduites au minimum avec la seule obligation de tenir un livre de recettes/dépenses. De plus, ce statut concernant la plupart du temps des activités aux flux modestes, il n’est pas assujetti à la TVA.

Si le statut de la micro-entreprise offre de nombreux avantages pour la création d’une activité principale ou secondaire, il trouve rapidement ses limites pour un business qui connaît un développement important :

  • Plafonds de chiffre d’affaires ;
  • Impossibilité de déduire ses charges réelles (principe de l’abattement forfaitaire du régime micro-fiscal pour le calcul de l’impôt).

Par ailleurs, le fait de ne pas être assujetti à la TVA signifie que l’entrepreneur ne peut pas non plus la récupérer sur ses achats. C’est un problème s’il doit investir.

Bon à savoir : si vous dépassez le plafond de chiffre d’affaires imposé à la micro-entreprise, vous basculez automatiquement sous le statut juridique de l’Entreprise Individuelle.

Le statut de l’entreprise individuelle

La micro-entreprise est la version simplifiée de l’Entreprise Individuelle (EI). Elle bénéficie des mêmes formalités simplifiées de création, mais pas des régimes micro-social et micro-fiscal :

  • Pas de plafond de chiffre d’affaires ;
  • Déduction des charges réelles et des investissements ;
  • Possibilité de récupérer la TVA ;
  • Possibilité de recruter des salariés ;
  • Cotisations sociales plus importantes et prélevées même en l’absence de chiffre d’affaires ;
  • Obligations comptables classiques (bilan et compte de résultat annuels).

Bon à savoir : Le professionnel en EI peut opter pour la fiscalité de l’IR (Impôt sur le Revenu) ou de l’IS (Impôt sur les Sociétés).

L’alternative du portage salarial pour exercer une activité à son compte

Le portage salarial allie les avantages du travail indépendant à la sécurité du travail salarié. Il séduit de plus en plus d’entreprises et de consultants ayant un statut juridique de freelance.

Le principe du portage salarial

Le portage salarial est un contrat tripartite entre le consultant indépendant, la société de portage et le client. La société de portage guide l’activité, crée les factures, gère les cotisations et reverse un salaire au travailleur porté.

Les avantages du portage salarial

Le consultant en portage salarial bénéficie du statut de salarié tout en conservant l’autonomie d’un travailleur indépendant. Sa couverture sociale est complète, assurance chômage incluse.

Avant de se mettre à son compte, il faut savoir que même une micro-entreprise nécessite un minimum de démarches administratives. Le portage salarial est une solution pour les entrepreneurs les moins rigoureux, car il les déleste de leurs tâches administratives. Cette solution sécurise les paiements et réduit les risques liés au client final. Outre l’accompagnement professionnel, le salarié porté profite également d’une formation.

Le portage salarial représente un coût, des frais de gestion, dont il faut tenir compte dans sa politique de prix. Moins flexible qu’une entreprise, il n’est pas adapté à tout type de métier.

Devenir travailleur indépendant en créant sa société

Au moment de se mettre à leur compte, certains professionnels font le choix de créer leur activité en société. Plusieurs raisons peuvent motiver cette décision, parmi lesquelles :

  • Volonté de s’associer ;
  • Nécessité de crédibilité ;
  • Besoin de levée de fonds ;
  • Optimisation fiscale ;
  • Protection du patrimoine.

Même s’il existe d’autres statuts juridiques, la plupart des entrepreneurs français fondent une SAS ou une SARL pour accompagner leur projet.

La Société par Actions Simplifié

La SAS, ou SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) dans le cas d’un associé unique, est dirigée par un président assimilé salarié. Il bénéficie d’une solide protection sociale, toutefois sans droit au chômage.

La SAS offre une grande souplesse statutaire, c’est-à-dire que son fonctionnement peut être assez librement défini dans les statuts constitutifs. Les étapes de sa création et sa gestion impliquent certaines obligations :

  • Rédaction de statuts ;
  • Dépôt de capital social (1 € minimum) ;
  • Frais de création pour l’immatriculation et la publication d’une annonce légale ;
  • Obligation de publier une annonce légale à chaque modification statutaire (présidence, actionnariat, domiciliation) ;
  • Tenue d’une comptabilité détaillée ;
  • Production de documents comptables annuels (bilan actif/passif, compte de résultat).

La Société À Responsabilité Limitée

La SARL devient SARL Unipersonnelle lorsqu’elle n’a qu’un associé (anciennement EURL). Le formalisme de ses statuts constitutifs est plus réglementé, mais ses obligations de création et de gestion sont identiques à celles de la SAS.

Les charges sociales du dirigeant sont moins élevées, mais il ne bénéficie pas du régime salarial. Il est TNS (Travailleur Non Salarié). Ce statut juridique est communément adopté par les artisans et les commerçants.

Pour se mettre à son compte, il existe de nombreuses solutions, mais pas de solution idéale. Chacune présente des avantages et des inconvénients. Le choix de la micro-entreprise, de l’EI, du portage salarial, de la SASU ou de la SARL dépend de votre situation personnelle. Pour prendre la bonne décision, vous devez tenir compte de vos compétences, de vos ambitions, du niveau de risque que vous êtes prêt à prendre et de votre besoin en couverture sociale. Quoiqu’il en soit, rien n’est gravé dans le marbre et votre statut juridique peut évoluer au cours de votre carrière, selon votre situation.

(Crédit photo : iStock – Erik Von Weber)

Article publié par
Équipe rédactionnelle Carnet du Jour

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