Les nouveaux modèles de banques collaboratives : vers une finance plus humaine ?

La rédaction du Parisien n’a pas participé à la réalisation de cet article.

Plus éthiques, plus transparentes et souvent plus locales, les banques collaboratives redessinent les rapports entre l’argent, les individus et la société. Surtout, elles tendent à réinstaurer un climat de confiance entre les banques et les citoyens. Pour grandir, ces banques bénéficient d’un renouvellement générationnel, en quête de sens et de transparence. Selon Coop.fr, les banques mutualistes comptaient plus de 28 millions de sociétaires en 2020. Mais, ces banques peuvent-elles rivaliser avec les géants du secteur ? On vous explique.

Qu’est-ce qu’une banque collaborative ?

Une banque collaborative, ou mutualiste, est une institution financière dont le capital est détenu par ses clients : on dit qu’ils sont sociétaires de leur banque. En détenant des parts sociales, ces derniers participent directement à sa gouvernance : ils disposent d’un droit de vote selon le principe « une personne = une voix » et peuvent voter les grandes décisions lors d’assemblées générales. Ce principe permet, en théorie, de mettre tous les sociétaires sur le même pied d’égalité et ce, indifféremment du nombre de parts sociales qu’ils possèdent. Par ailleurs, les bénéfices générés par ces banques viennent d’abord consolider leurs réserves, avant de distribuer d’éventuels dividendes. Ces banques se distinguent donc des banques commerciales classiques dont le capital est détenu par des actionnaires privés et dont l’objectif est d’accroitre sa rentabilité. En France, les banques mutualistes les plus connues sont le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel, la Nef, la Caisse d’Epargne ou encore la Banque Populaire.

La banque coopérative repose donc sur un principe de gouvernance partagé mais aussi de transparence : par exemple, la banque mutualiste La Nef publie chaque année une liste complète et détaillée des projets financés par l’argent de ses épargnants. Cette traçabilité bancaire permet à chacun de s’assurer que l’argent épargné finance des projets dont la finalité est sociale, éthique et environnementale : énergies renouvelables, agriculture bio, économie solidaire…

Le terme « banque collaborative » s’étend également aux plateformes de financement participatif (crowdlending, microcrédit solidaire…). Ces outils permettent aux particuliers d’investir directement dans les projets de leur choix, sans l’intermédiation d’une banque.

Avantages et limites du modèle collaboratif

L’un des apports majeurs du modèle des banques collaboratives est donc la transparence sur l’utilisation des fonds. Pour certains épargnants, cela représente un aspect non négligeable :  s’assurer que leur argent finance des projets aux valeurs qui leur ressemble. Chaque banque possède sa propre charte éthique, les domaines dans lesquels elle autorise d’investir et ceux qui en sont exclus (souvent les énergies fossiles, l’armement…).

Ce modèle permet aussi de réintroduire de la confiance dans un système autrement jugé opaque : une partie de l’épargne peut être investie pour spéculer tandis que les grandes orientations sont décidées par un conseil d’administration, sans obligation systématique de transparence vis-à-vis de leurs clients. À l’inverse, dans les banques mutualistes, les clients-sociétaires ne sont pas de simples « porteurs de comptes » : ils constituent des agents financiers impliqués, conscients et informés des impacts concrets de leur épargne.

Sur le plan social, ces banques collaboratives endossent un rôle d’inclusion financière : elles permettent à un public exclu du crédit traditionnel d’accéder à des financements et de réduire les inégalités de richesse et de genre : micro-entrepreneurs précaires, femmes dans les pays en voie de développement…

Selon une étude du cabinet Xerfi, 50 % des jeunes (entre 18 et 30 ans) se sentent en décalage avec leur banque : sur le plan des équipements bancaires, de la relation client mais aussi sur l’opacité de certains investissements. Parmi ces jeunes, 10 % d’entre eux envisagent de changer de banque ; certains pour une institution plus alignée avec leurs valeurs éthiques et sociales.

Mais, la réalité du milieu est évidemment plus nuancée et ces banques restent confrontées à de nombreux obstacles.

Tout d’abord, leur masse critique : à titre d’exemple, en 2024, la Nef possédait 816 millions d’euros d’encours de crédit contre 900 milliards d’euros pour la BNB Paribas. Le poids des banques traditionnelles dans l’économie réelle reste donc prédominant. Puis, le frein réglementaire. Depuis la crise de 2008, les règles autour du secteur bancaire européen ont été renforcées. Obtenir un agrément bancaire, c’est-à-dire le droit pour une banque d’exercer son activité, demande le respect d’exigences strictes (fonds propres, gestion des risques, conformité réglementaire…). Pour les banques mutualistes, cela peut s’avérer être une procédure très longue. Et en attendant, le client ne dispose pas d’une gamme complète de services bancaires : en effet, la Nef vient seulement de lancer sa carte de paiement, près de 40 ans après son existence !

Enfin, même engagées dans une démarche éthique, ces banques n’échappent pas aux réalités économiques de leur secteur. Cela pousse même certaines d’entre elles à revoir leurs principesfondateurs. C’est le cas du Crédit Coopératif : du fait de sa présence dans les industries métallurgiques et mécaniques, cette banque envisage d’ouvrir des discussions avec ses sociétaires autour de l’inclusion du nucléaire et de la défense dans ses projets d’investissements.

(Crédit photo : iStock – Yuttaphong Buasan)

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