Qu’est-ce que le burn out maternel ?

Le burn out aussi connu sous le nom de surmenage ou d’épuisement, est très connu dans le milieu professionnel. Pourtant, il en existe une autre forme, beaucoup plus taboue : le burn out maternel ou syndrome de la maman épuisée. Mais qu’est-ce que le burn out maternel et plus largement le burn out parental ? Comment se manifeste-t-il ? Quels sont les moyens de s’en sortir ?

La rédaction du Parisien n’a pas participé à la réalisation de cet article.

Le burn out aussi connu sous le nom de surmenage ou d’épuisement, est très connu dans le milieu professionnel. Pourtant, il en existe une autre forme, beaucoup plus taboue : le burn out maternel ou syndrome de la maman épuisée. Mais qu’est-ce que le burn out maternel et plus largement le burn out parental ? Comment se manifeste-t-il ? Quels sont les moyens de s’en sortir ?

Explications.

Burn out maternel : définition

Le burn out maternel est un syndrome épuisement maternel, vécu par une femme dans son rôle de maman.

Pour rappel, le burn out est un état d’épuisement physique, moral et psychologique.

Dans le cas de l’épuisement maternel, le quotidien demeure difficile pour les mamans : fatigue physique et psychologique, surmenage, tâches quotidiennes à assumer, stress constant, gestion des emplois du temps, de sa propre vie professionnelle… en bref, la maman n’en voit pas le bout et finit par craquer.

A noter que les papas peuvent également ressentir cet état de surmenage. Alors, il convient mieux de parler de burn out parental. En effet, papa et maman se retrouvent confrontés à un quotidien parfois bouleversé dans lequel la fatigue accumulée prend le dessus et créé un cercle vicieux qui ne permet plus de cumuler vie professionnelle, vie personnelle, vie parentale, vie de couple.

Lorsqu’un père ou une mère souffre profondément d’un burn out, plusieurs sentiments et émotions se mélangent : stress, angoisse, irritabilité, renfermement, sensibilité accrue, mais aussi culpabilité, honte, sentiment d’échec, tristesse…

Epuisement parental : quels sont les symptômes ?

Le burn out est une forme de dépression. Alors, il convient d’en voir les premiers signes pour pouvoir agir en conséquences.

Qu’il s’agisse de vous-même, de votre conjointe ou conjoint, d’un proche de votre entourage privé ou professionnel, soyez attentif à :

  • La fatigue, l’épuisement physique, émotionnel et psychologique ;
  • L’instabilité émotionnelle ;
  • La perte de motivation, d’entrain, de goût à la vie ;
  • Le sentiment de désillusion exprimé face à la parentalité ;
  • Les troubles du sommeil ;
  • Les troubles moteurs : maux de dos, douleurs aux lombaires, aux cervicales (l’expression « en avoir plein le dos » prend ici tout son sens) ;
  • Les pathologies liées au stress (zona, eczéma, troubles digestifs…) ;
  • Le changement d’habitudes ;
  • La distance instaurée avec votre proche, de manière inhabituelle ;
  • L’estime de soi en baisse, la dépréciation de soi ;
  • Etc.

Burn out maternel : les chiffres

Se sentir totalement dépassée par la situation est culpabilisant, surtout face au regard de la société. Pourtant, bon nombre de mamans sont touchées par cet épuisement mental et physique.

Voici quelques chiffres qui, au-delà de mettre en lumière le besoin urgent d’aider les mamans et parents, peut permettre à certaines personnes de se sentir moins seules et de déculpabiliser.

L’IFOP a mené une enquête en 2022 dont voici les principales informations :

  • 7,2 / 10 est la note moyenne enregistrée par les interrogées pour évaluer leur charge mentale ;
  • 43 % des mamans ne se sentent pas soutenues au quotidien ;
  • Le manque de budget permettant aux familles de faire appel aux services d’une nounou, par exemple, a un impact négatif sur le sentiment de soutien, plus important que pour les familles ayant le budget alloué à une solution de garde.
  • 59 % des mamans interrogées estiment que leur charge mentale est due au manque d’équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle.
  • Les réseaux sociaux ont un impact négatif sur l’estime de soi des mamans qui sont 45 % à culpabiliser lorsqu’elles consultent les profils d’autres mamans sur les plateformes sociales ;
  • 68 % des mamans sont épuisées physiquement, 57 % sont épuisées moralement ;
  • 34 % des sondées indiquent potentiellement être concernées par le burn out parental quand 40 % disent pouvoir y être confrontées un jour ;
  • 59 % des mères interrogées souhaitent avoir du temps pour elles et 36 % aimeraient plus de soutien.

Epuisement parental : comment y faire face ?

La psychothérapie reste la manière la plus efficace de faire face au burn out parental. Le thérapeute va écouter la maman, durant un temps qui lui est totalement dédié. Grâce à son expertise, il va amener la maman à déculpabiliser et surtout sortir de sa quête de performance dans son rôle de maman.

Durant ces séances, la maman (ou le papa) est invitée à apprendre à lâcher prise, déléguer certaines tâches, demander de l’aide, à assouplir son comportement. Elle peut comprendre qu’elle n’aura jamais le contrôle sur tout et qu’elle n’est pas sur-humaine. Pour sa santé, son bien-être, elle se doit de prendre du temps pour se reposer, penser à elle, s’aérer l’esprit, sans culpabiliser. L’amour de son enfant pour elle ne sera pas remis en question ! Il est d’usage de dire qu’un enfant n’a pas besoin d’une maman parfaite ou d’un papa parfait, mais une maman heureuse ou d’un papa heureux. En fonction de l’état psychologique et physique du parent, le psychothérapeute peut recommander un arrêt maladie auprès du médecin traitant, associé à une prise en charge adaptée et des solutions envisagées pour permettre au parent en souffrance de remonter la pente.

La communication avec le conjoint est aussi essentielle. L’impliquer davantage dans le quotidien déleste la maman de certaines tâches. Trouver un rythme qui permette d’alterner les nuits avec bébé, s’octroyer régulièrement un moment à deux, un moment seul à tour de rôle, etc. Autant de petits rituels qui remettent le couple comme pilier de cette parentalité, mais aussi qui permettent à l’un et l’autre de penser à soi, de s’évader, de se ressourcer.

Des associations existent également et donnent la possibilité aux parents en burn out d’échanger, de témoigner, de se sentir tout simplement moins seuls ! Le partage d’expérience permet de relâcher la pression, de se sentir compris, écouté, sans jugement. Mais être entourés de mamans, de papas qui ont vécu un burn out et qui en sont sortis est aussi un signe d’espoir ! Ils peuvent conseiller, rassurer, guider, les parents en souffrance.

(Crédit photo : iStock – PeopleImages)

Article publié par
Alcyone Guillevic

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