5 romans parfaits qui font moins de 200 pages

La rédaction du Parisien n’a pas participé à la réalisation de cet article.

Tous les grands romans ne sont pas des pavés. Certains tiennent dans une poignée de pages, et laissent pourtant une impression toute aussi grande sur le lecteur. Et, pour ceux qui souhaitent se remettre à la lecture, la rapidité avec laquelle ils se lisent confère une grande satisfaction. Voici une sélection de 5 livres courts, mais loin d’être mineurs.

Le Horla, Guy de Maupassant (1887)

Le Horla est une nouvelle d’une trentaine de pages. Et pourtant, l’impact de ce texte est encore immense. Troublant, ouvert à toutes les interprétations, le récit prend la forme d’un journal intime dans lequel un homme décrit comment une présence invisible semble progressivement prendre le contrôle de sa vie. S’agit-il d’une entité surnaturelle… ou de la lente désagrégation mentale du narrateur ?

Publié à la fin du XIXᵉ siècle, Le Horla résonne encore comme un immense texte sur l’angoisse contemporaine : la sensation d’être observé, comme dépossédé de soi. Les pistes d’interprétation ne manquent pas, sur la maladie notamment. Ecrit dans les dernières années de sa vie, Maupassant est alors extrêmement souffrant : atteint de la syphilis, il voit son corps lui échapper, son esprit se dérober sous lui. Plus tard, la nouvelle fera écho à l’épidémie de sida, un mal longtemps resté invisible donc incompréhensible.

On connaît Maupassant pour ses écrits réalistes, comme Une Vie ou Boule de Suif, chef-d’œuvre d’ironie sociale sur la lâcheté bourgeoise. Le Horla montre encore une autre facette de son talent : celle d’un écrivain capable de transformer une angoisse profondément intime en une expérience littéraire vertigineuse et universelle.

Le Portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde (1890)

L’histoire est connue de tous : Dorian Gray, un jeune homme d’une grande beauté, voit son portrait vieillir à sa place, tandis que lui conserve éternellement sa jeunesse. Sous la plume de Wilde, ce conte fantastique offre une réflexion sur le culte de la beauté et sur la corruption morale.

Inspiré d’œuvres comme le Satiricon de Pétrone, le livre dépeint des personnages cyniques, provocateurs, prônant une vie entièrement consacrée aux sensations et au raffinement esthétique. Dorian, fasciné par ces perspectives, signe comme un contrat avec le Diable : et son portrait devient la conscience monstrueuse du personnage, l’endroit où s’inscrivent tous ses excès. À une époque obsédée par l’image et par le culte de la jeunesse, la fable satirique de Wilde conserve toute sa brillance et revêt même un aspect presque prophétique.

Le Chien des Baskerville, Arthur Conan Doyle (1902)

Dans Le Chien des Baskerville, Arthur Conan Doyle met en scène le plus rationnel des détectives au cœur d’une histoire qui semble relever du pur folklore. Une malédiction familiale, un chien spectral qui hanterait des landes, des cris nocturnes : tous les ingrédients du roman gothique sont au rendez-vous. Et pourtant, Conan Doyle propose quelque chose de beaucoup plus subtil.

Car derrière cette mise en scène, se cache évidemment une mécanique policière d’une impeccable précision.  Et c’est peut-être pour cela que Le Chien des Baskerville reste l’épisode le plus célèbre de la série des aventures de Sherlock Holmes : parce qu’il réussit à faire cohabiter deux plaisirs de lecture : le fantastique et le policier. L’alliance des deux rappelle ce qui fait le cœur du personnage d’Holmes, sa capacité à dissiper les illusions. Le roman devient alors une démonstration de la manière dont les mythes prospèrent lorsque que la peur prend le dessus sur la raison.

La Ferme des Animaux, George Orwell (1945)

Tout commence avec une promesse. Dans une ferme, des animaux se soulèvent contre leur maître humain, le chassent, et décident de construire une société plus juste. De nouvelles règles sont établies, des slogans apparaissent, tout laisse croire à la naissance d’un monde nouveau.  Mais, les animaux sont-ils plus justes que les humains ? Une exception par ici, un souvenir collectif réécrit par là… et la promesse d’un monde égalitaire commence déjà à se déformer.

Toute l’ingéniosité du livre tient en ce mouvement imperceptible, jamais complètement violent ni brutal. Tout se transforme doucement, jusqu’à ce que l’on réalise que les cochons marchent sur deux pattes. Orwell ne se contente pas d’expliquer comment les tyrannies naissent. Il montre surtout comment, avec le temps et l’habitude, on finit par les accepter.

Stupeurs et Tremblements, Amélie Nothomb (1999)

Une jeune Belge arrive dans une grande entreprise tokyoïte, heureuse de s’installer dans le pays qu’elle admire depuis toujours. Très vite pourtant, la narratrice découvre une hiérarchie où le mot « rigidité » tient presque de l’euphémisme.

A mesure qu’elle commet un tas d’erreurs jugées impardonnables, elle glisse vers des tâches de plus en plus absurdes, jusqu’à finir préposée aux toilettes de l’entreprise. Loin d’être un récit humiliant, Amélie Nothomb transforme cette descente aux enfers en une passionnante comédie d’observation. Chaque erreur commise est une leçon apprise à ses dépens et au fil des pages, elle aborde de nombreux sujets sur la société nippone. Le tout, avec un très grand sens de l’humour. En moins de deux cents pages, Stupeur et tremblements est donc tour à tour récit d’apprentissage, satire du monde de l’entreprise, et un portrait précis d’une culture qui embrouille, fascine et broie ses ressortissants.

(Crédit photo : adobe stocks)

Article publié par
Raphaël Dutemple

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